Un bilan comptable est riche en informations sur l’état de santé de votre entreprise. Encore faut-il comprendre comment il est articulé. Voici les éléments à suivre pour décoder et analyser les données financières de votre structure. 

Votre trésorerie est-elle suffisante pour répondre à vos besoins de développement ? Comment a-t-elle évolué depuis un an ? Quel a été le montant des investissements réalisés cette année ?

Chacune de ces questions trouve sa réponse dans votre bilan comptable. Établi obligatoirement lors de la clôture de l’exercice fiscal, le bilan donne une photographie précise de la situation financière de votre société à un moment donné (à la différence du compte de résultat, qui représente le film de l’année).

« À partir d’une lecture rapide, vous pouvez prendre connaissance de l’état de santé de votre entreprise, savoir si elle est bénéficiaire ou non, comprendre comment elle se finance, vérifier les biens que vous possédez, les niveaux de dettes, les créances et la trésorerie », explique Christine Raffray, experte-comptable au sein du réseau national Baker Tilly France.

Effectuer des points intermédiaires

Et même si un bilan doit être établi annuellement, il est aussi intéressant de faire des points en cours d’année, notamment quand la conjoncture économique est mauvaise.

« Le suivi d’un bilan dépend des enjeux et de l’environnement économique. Une situation trimestrielle est appropriée en cas de crise ou de dépenses imprévues. Elle vous fera prendre du recul sur les résultats de votre entreprise et agir en conséquence, poursuit Christine Raffray. Au contraire, si le chiffre d’affaires est linéaire et que l’entreprise n’a pas de projet de développement particulier, le bilan peut être semestriel. »

Ces points intermédiaires vont vous donner une vision plus précise de la santé financière de votre société.

La construction d’un bilan

Il est donc très important de comprendre comment se construit un bilan pour analyser ses comptes avec de la distance. Dans le détail, ce document de synthèse est composé d’un actif et d’un passif.

Le premier englobe tout ce que la société possède, à savoir les immobilisations corporelles (terrain, construction, matériel, outillage, locaux, etc.), les stocks (matières premières, marchandises, etc.), les créances clients, ainsi que les disponibilités, comme les soldes des comptes en banque ou de la caisse.

Le passif comprend vos capitaux propres et ce que vous devez, d’une part, à vos associés (le haut du bilan) et, d’autre part, à vos fournisseurs, à vos salariés et à l’État (le bas du bilan).

Par définition, un bilan comptable est amené à évoluer tous les jours. Si vous achetez un nouvel ordinateur, vous augmentez votre actif, mais vous diminuez votre trésorerie si vous le payez comptant et vous augmentez votre passif si vous l’achetez à crédit. En revanche, si vous remboursez un emprunt ou si vous versez des dividendes à un associé, vous réduisez votre passif.

Les points de vigilance

Un bilan comptable contient bien plus d’informations qu’il n’y paraît au premier abord, et certaines données sont plus importantes que d’autres.

Ainsi, il convient de porter une attention particulière au montant des fonds propres (autrement appelés « capitaux propres ») de l’entreprise. Ce dernier (situé dans le haut du bilan, dans la colonne du passif) doit être positif.

« Aucun niveau absolu ne peut être défini, car cela dépend des entreprises et de leur activité, explique Christine Raffray. Ainsi, si les capitaux propres représentent 70 % du bilan, la société possède une bonne indépendance financière. Inversement, si l’endettement et le crédit fournisseurs atteignent 70 % du bilan, le dirigeant a du souci à se faire. »

Et s’ils ne doivent jamais être inférieurs au capital social, ils ne peuvent pas non plus être excessifs: trop de réserves signifie que la trésorerie dort.

« Il est intéressant de comparer le montant des fonds propres d’une entreprise avec la somme de ses dettes afin d’analyser la provenance des ressources de l’entreprise. Plus le pourcentage des capitaux propres par rapport aux ressources de l’entreprise sera faible (ce qui traduit un fort recours à l’endettement), plus la société sera exposée à des risques financiers, explique Jean-Claude Fourmage, expert-comptable au sein du réseau Cocerto. Les fonds propres permettent de calculer le fonds de roulement net global, à savoir la sécurité financière de la structure, ses réserves d’endettement et le besoin en fonds de roulement (BFR). »

Si vous constatez un grand écart de trésorerie d’une année sur l’autre, analysez tous les postes de votre bilan. Vous verrez ainsi rapidement si les variations constatées sont dues à une augmentation ou à une réduction de votre activité, à une augmentation des postes de charges ou à des recettes exceptionnelles.

Autre point de vigilance : les stocks. mal évaluées ou désuètes, les marchandises sont souvent la source de problèmes pour les entreprises.

« Nombre de dirigeants rencontrent de graves problèmes financiers malgré des résultats positifs, car ils possèdent une marchandise immobilisée trop importante. Dans ce cas précis, vous devez rapidement établir un budget d’achats avec une valorisation exacte de vos fournitures afin d’ajuster les commandes et de ne plus perdre d’argent », poursuit Jean-Claude Fourmage.

Vous l’avez compris, l’analyse minutieuse de votre bilan vous aidera à mieux piloter votre entreprise et à prendre les meilleures décisions pour que votre société reste économiquement saine.

À savoir

L’annexe au bilan, un document à ne pas négliger

Pour que le suivi financier de votre entreprise soit optimal, le bilan doit être analysé avec l’annexe. Il s’agit d’un document reprenant en détail certains postes du bilan et qui, surtout, comporte une partie narrative. Selon Jean-Claude Fourmange, expert-comptable au sein du réseau Cocerto, ces deux documents sont même indissociables.

« Si, par exemple, une procédure engagée au conseil de prud’hommes démarre un mois avant l’arrêt des comptes, le dirigeant ne peut pas provisionner la demande d’indemnisation du collaborateur. Il en est de même pour le calcul et le report dans le bilan (le passif) des capitaux de fin de carrière à verser à un salarié qui part à la retraite. D’où l’importance d’avoir une annexe qui va définir les méthodes comptables, les faits caractéristiques et, ainsi, favoriser une bonne lecture de son bilan comptable », expose l’expert.

L’annexe a en effet pour objectif de compléter et d’éclairer les données chiffrées du bilan. Elle doit démontrer que les principes énoncés sont respectés. Jointe au bilan, l’annexe revêt donc toute son importance, notamment pour détailler les informations comptables non explicitées et anticiper les risques d’une année sur l’autre.

Rédigé par Mallory Lalanne

Laisser un commentaire

Rappel concernant la modération et les commentaires: dans un souci d’instantanéité des discussions, 3M ne peut vérifier la conformité d’un message avant sa mise en ligne et n’assure qu’une modération a posteriori. Toute publication d’un contenu contraire à la loi (insultes, diffamations, racisme…), en infraction avec les droits d’un tiers (droit d’auteur, droit à la vie privée …) ou sans lien avec l’objectif d’échange du service (publications à visée commerciale, recrutement, prosélytisme….) pourra entraîner la suppression du commentaire, sans préjudice de toutes autres possibilités d’action.
Conformément à la loi, tout contenu manifestement illicite ou contrevenant aux règles en vigueur peut être notifié en cliquant sur le lien « signaler un abus ». Tout message est publié en accord avec les conditions générales d’utilisation du site.