Le véhicule utilitaire est votre principal outil de travail. Lorsqu’il est parfaitement adapté à vos besoins et à vos usages, il vous permet de gagner en efficacité et en productivité. Volume de chargement, charge utile, équipements de série et options, faire le bon choix n’est pas si aisé.

Posséder un véhicule utilitaire (VU) qui soit fiable, fonctionnel, pratique et surtout capable de répondre à tous vos besoins au quotidien. Plus qu’un prérequis : une nécessité absolue. En effet, votre VU est l’une des composantes essentielles de votre productivité. C’est un outil à part entière qui ne doit pas être négligé. D’autant que l’évolution de l’offre, des équipements, des motorisations est telle que, au-delà de trois à quatre années d’exploitation, votre ancien utilitaire passera pour une antiquité. Sécurité, confort, efficacité, ergonomie…, de nombreux paramètres doivent être pris en compte, jusqu’à la question incontournable du financement du véhicule. Si l’achat reste bien souvent la solution privilégiée par les indépendants et les TPE, d’autres solutions existent et présentent, elles aussi, de nombreux avantages.

Bien choisir : un état d’esprit !

Pierre Laromiguière

Pierre Laromiguière

« La principale erreur consiste à renouveler l’utilitaire en le calquant sur le modèle que l’on possédait », explique Pierre Laromiguière, responsable véhicules utilitaires et énergies nouvelles chez Citroën. Pour ce spécialiste, il est capital, au moment où l’on décide de changer son véhicule utilitaire, de prendre en compte les évolutions de l’activité de son entreprise.

« La durée de vie d’un utilitaire est en moyenne de six ans. Et, selon le mode de financement choisi, il reste dans l’entreprise entre 48 et 60 mois, continue Pierre Laromiguière. Durant ce laps de temps, les besoins liés à son activité ont pu évoluer, tout comme les véhicules eux-mêmes. »

Conclusion : ne renouvelez pas à la va-vite votre parc en prenant le modèle équivalent au précédent. Commencez par mettre en place un questionnaire d’usage comme celui défini par l’Institut national de recherche sur la sécurité (INRS). Celui-ci permet de cibler les besoins et usages-clés.

 

Parmi les questions à vous poser : quels sont les outils nécessaires à l’exercice du métier ? Quel conditionnement faut-il pour ces outils et quelle est leur utilisation ? De quels matériaux avez-vous besoin et en quelle quantité ? Quels seront les travaux à réaliser dans et autour du véhicule ? Le VU circule-t-il en milieu urbain, rural et / ou sur des pistes de chantier ? Enfin, quel type de rouleur êtes-vous ? Effectuez-vous plutôt de petits ou de grands trajets ?

Le temps que vous consacrerez à répondre à ce questionnaire vous permettra d’éliminer un certain nombre de véhicules et de vous consacrer à ceux qui vous correspondent le mieux. « Lorsque l’on envisage d’investir dans un véhicule utilitaire, il faut avant tout se pencher sur les besoins de l’utilisateur. Des maçons n’ont évidemment pas les mêmes besoins que des fleuristes par exemple. Les notions de poids, de volume et de type d’utilisation sont déterminantes », précise Yves Le Comte, directeur marketing de Fiat professional France.

Appliquer des critères objectifs

Jean-Loup Savigny

Jean-Loup Savigny

Lorsque vous consultez les fiches techniques de véhicules, des données essentielles doivent être vérifiées. Elles constituent autant de critères objectifs et tangibles. La longueur, le volume de chargement, le poids autorisé en charge… Ces éléments, aisément comparables, doivent conditionner votre choix. Mais un utilitaire ne peut se choisir sur catalogue. Vous devez naturellement l’essayer, le voir de près. C’est le seul moyen de se rendre compte de l’ergonomie du véhicule, d’estimer les facilités de montées et descentes du VU, de s’assurer de la présence de portes latérales (asymétriques, bien souvent).

« Le choix du véhicule utilitaire est principalement économique car il est intrinsèquement lié à l’exploitation de l’entreprise. Les notions de marge et de compétitivité économique sont évidemment primordiales », indique Jean-Loup Savigny, directeur d’Arval SME Solutions France. Au moment du choix, les critères de praticité et de confort sont importants car ils détermineront l’efficacité et la productivité de l’entreprise.

Des équipements toujours plus nombreux

mooville-8m3Un grand nombre d’équipements de sécurité sont aujourd’hui intégrés en série au véhicule comme, par exemple, l’ABS (système d’antiblocage des roues), l’airbag conducteur et passager ou encore le correcteur électronique de trajectoire (ESP). Ce dernier, comme le souligne Pierre Laromiguière, sera obligatoire sur les véhicules utilitaires à compter de 2015. « Les VU sont de mieux en mieux équipés, c’est un phénomène que nous avons contribué à développer depuis plusieurs années, précise Yves Le Comte (Fiat). Nous avons proposé d’abord le Pack CD Clim. L’idée est de générer des avantages clients en intégrant des équipements en série qui nous permettent dans le même temps de faire des économies d’échelle. » Un équipement riche qui correspond aux attentes des utilisateurs, qui ont parallèlement vu celui de leurs véhicules particuliers exploser. « C’est une volonté des consommateurs, mais c’est aussi un choix des constructeurs, confie Pierre Laromiguière. Il est important que notre clientèle ait le même niveau de confort et de sécurité dans ses déplacements privés ou professionnels ».

Chez Fiat Professional par exemple, 80 % des utilitaires vendus sont dotés du Pack Pro qui comprend la climatisation, un détecteur de pression des pneus, le régulateur de vitesse, un radar de recul, les commandes au volet, le Bluetooth ou encore les rétroviseurs électriques.

Des options qui n’en sont plus vraiment

Si les constructeurs proposent désormais des packs qui définissent le niveau d’équipement du véhicule utilitaire, il apparaît que certains d’entre eux s’imposent comme des standards. Chez Citroën par exemple, on a constaté que 60 % des véhicules utilitaires étaient désormais équipés de la climatisation. Et que la cloison de séparation entre la zone de chargement et le poste de conduite s’impose progressivement. À tel point que sur le Jumper, elle est désormais généralisée.

En termes d’équipements, l’offre s’enrichit sans cesse et est marquée du sceau de l’innovation. Ainsi, sur le Fiat Ducato, le constructeur propose un Pack Techno, qui intègre un dispositif d’alerte en cas de franchissement de ligne, un GPS tactile, un détecteur de panneau de signalisation (qui vous alerte quand vous roulez plus vite que la vitesse indiquée sur le panneau), ou encore un détecteur de pleins phares, qui vous fait basculer en feux de croisement quand un véhicule arrive en sens inverse.

« Nos clients sont habitués à être connectés et confrontés à la technologie. Nous nous devons d’intégrer ces aménagements à nos véhicules qui, par ailleurs, contribuent à sauver des vies, mais aussi des points sur le permis de conduire des collaborateurs », confie Yves Le Comte.

Quel type de financement adopter ?

Il existe trois modes de financement pour vos véhicules utilitaires. Le premier consiste en l’achat classique qui permet une immobilisation de capitaux mais qui vous oblige, au moment du renouvellement, à revendre votre VU par vos propres moyens.

Le crédit-bail se développe peu à peu, car les loyers sont déductibles du résultat de l’entreprise et peuvent en outre prendre en compte la maintenance et la garantie. « Les grands comptes sont passés à la LLD pour le prix et y restent pour le service, tandis que les TPE viennent pour le service et restent pour le prix », explique Jean-Loup Savigny (Arval SME Solutions France). La durée moyenne des contrats de LLD s’étend sur cinq ans pour les utilitaires, contre trois années et demie pour les véhicules particuliers. « À mes yeux, la LLD est la solution la plus rentable, sauf si vous effectuez moins de 10 000 km par an et que le véhicule intègre plus de 8 000 euros d’équipements et aménagements spécifiques », continue le spécialiste.

Parmi les freins associés à la LLD, « la restitution du véhicule et les éventuels frais de remise en état sont souvent une inquiétude, mais il faut savoir que ces frais correspondent bien souvent davantage à la dépréciation du véhicule. Par ailleurs, sur les VU, les légers chocs ne comptent pas vraiment, ils font partie de la vie de ce type de véhicule », ajoute enfin Jean-Loup Savigny.

Renouveler son véhicule utilitaire c’est, au final, la perspective de profiter d’opportunités de marché sur les remises, la consommation de carburant, les coûts d’entretien ainsi que les équipements.

Autant d’atouts qui peuvent être la promesse de dépenses rationalisées, d’une productivité et d’un confort accrus pour les utilisateurs. La location longue durée ne concerne que 6 % des TPE, alors que les grands comptes représentent 90 % des contrats. Les chefs d’entreprise préfèrent bien souvent acheter leurs véhicules car ils estiment qu’à la revente, ils auront l’occasion de trouver un peu de rentabilité. Mais l’achat des véhicules les coupe des opportunités du marché, la durée de détention étant souvent plus longue. À vous de faire le bon choix.

Contraintes environnementales et motorisation :  un contexte en mutation

Philippe Brendel

Philippe Brendel

« À ce jour, les contraintes carbone qui affectent les véhicules de tourisme ne concernent pas les véhicules utilitaires. Toutefois, d’ici 2020, ils ne devront pas rejeter plus de 147 grammes de CO2 », indique Philippe Brendel, président de l’Observatoire du véhicule d’entreprise (OVE).

Pour lui, les considérations environnementales ne conditionnent pas les choix des chefs d’entreprise en matière de véhicules utilitaires. En témoigne, toujours d’après l’expert, le peu d’enthousiasme suscité par les véhicules électriques. Il rappelle ainsi que 5 170 véhicules utilitaires électriques ont été vendus en 2013 et que, sur le premier trimestre 2014, seul 800 unités ont trouvé preneur. L’électrique ne prend pas, mais le président de l’OVE explique la réticence des entreprises par les inquiétudes que suscite l’autonomie de ces véhicules, ainsi que par l’absence de remise des constructeurs sur les véhicules électriques.

« Sur le plan de l’utilisation, le recours à l’électrique est pertinent car, statistiquement, 67 % des déplacements en entreprise représentent moins de 100 km. Par ailleurs, en moyenne, un VU parcourt 81 km par jour, ce qui est en phase avec l’autonomie des utilitaires électriques », indique Pierre Laromiguière. Enfin, l’expert constate que le principal frein est lié au bonus écologique qui a été récemment plafonné à 27 % du prix du véhicule. « Dans le cas d’une location longue durée, le bonus est limité à 27 % du total des loyers, soit au maximum à 4 700 euros », note-t-il. Un montant insuffisant pour mobiliser les chefs d’entreprise.

Ce qu’il faut retenir

Avant de renouveler son véhicule utilitaire, il faut se poser plusieurs questions :

- La définition des besoins exacts de l’entreprise et de l’usage qui sera fait du VU.

- Adapter la motorisation car, parfois, un moteur un peu plus puissant augmente le prix d’achat ou la mensualité de la location, mais évite une surconsommation ou une utilisation inadaptée qui use prématurément le véhicule.

- Le critère clé, c’est la loi de roulage, car le nombre de kilomètres effectués détermine globalement le montant du loyer.

- Les options comprises dans les packs des constructeurs se rapprochent de plus en plus de celles des voitures de loisir.

 

Par José Roda

 

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