Marché de la rénovation énergétique, accessibilité des bâtiments, maintenance, service après-vente, ou encore domotique. Les chantiers d’avenir sont nombreux. Vous devez vous positionner dès à présent pour ne pas être dépassé dans dix ans.

Les artisans vont sans nul doute aborder ces dix prochaines années avec un peu plus de sérénité. La rénovation énergétique, l’accessibilité des bâtiments, la maintenance, le service après-vente ou encore la domotique sont autant de leviers prometteurs à actionner.

Le marché de la rénovation énergétique

Le marché de la rénovation énergétique des bâtiments apparaît comme un premier marché prometteur. D’autant qu’il concerne tous les secteurs de la construction, du menuisier au chauffagiste ou au plaquiste. Pour répondre aux objectifs du Grenelle de
l’environnement, 175 000 à 450 000 logements devront être rénovés chaque année. Selon un expert de la FFB en affaires techniques, « 99 % du parc doit aujourd’hui être renouvelé afin d’atteindre les critères de performance énergétique ». Ce qui représente un chiffre d’affaires annuel potentiel, pour le marché résidentiel, de 10 milliards d’euros, soit un montant moyen de 20 000 euros TTC par logement, selon les estimations de la FFB. « Le segment le plus complexe à toucher est la maison individuelle. Il faut convaincre les particuliers de casser leur épargne. Les artisans doivent donc les mettre en confiance et leur expliquer les retombées économiques que les travaux vont engendrer », estime un expert de la FFB. La TVA réduite à 5,5 % sur la rénovation énergétique des logements, annoncée par le gouvernement en septembre, pourrait également doper la demande des ménages dans les années à venir.

L’accessibilité des bâtiments

En France, l’Insee prévoit une population de 67 millions d’habitants en 2030. Bonne nouvelle pour le bâtiment : les mises en chantier seront nombreuses. De plus, l’espérance de vie étant en hausse constante, le marché de l’accessibilité des bâtiments semble promis à un bel avenir. Rien que pour la mise en conformité des établissements recevant du public (ERP), qui devrait s’étaler jusqu’en 2020, ce ne sont pas moins de 20 à 25 milliards d’euros qui devront être dépensés pour faciliter l’accès de ces ERP aux personnes handicapées. En 2010, seul un dixième environ des travaux avait été réalisé. La date butoir sera donc vraisemblablement repoussée de quelques années. Pour accompagner l’ensemble des acteurs, le gouvernement a décidé, fin septembre, de mettre en place des agendas d’accessibilité et d’adapter les normes afin de mieux prendre en compte les différents handicaps et les évolutions techniques.

Henry Halna du Fretay

Henry Halna du Fretay

Concernant le marché de la réhabilitation des logements, il va se développer au même rythme que le vieillissement de la population. Au total, selon la dernière étude de l’Agence nationale de l’habitat (Anah), menée en 2010, près de deux millions de domiciles sont concernés. Un marché estimé à près de 24 milliards d’euros. Là encore, les artisans du bâtiment seront en première ligne. « 31 millions de logements existants devront être adaptés d’ici dix ans », estime Henry Halna du Fretay, secrétaire général délégué de la Capeb. Une aubaine pour les artisans, car ce marché est principalement composé de chantiers modestes, autour de 10 000 euros, peu prisés par les grandes entreprises du bâtiment.

Cette manne potentielle nécessite toutefois des adaptations. Selon Didier Duchêne, dirigeant de l’entreprise de métallerie CMD2, qui compte 22 collaborateurs, « les artisans doivent impérativement suivre une formation. Si la partie technique n’est pas complexe, ce marché nécessite de travailler avec des personnes fragiles. Il y a beaucoup de pédagogie à mettre en œuvre. Il faut leur expliquer les gestes à adopter et comment bien utiliser son nouveau matériel ».

Ce chef d’entreprise s’est positionné sur le secteur il y a quatre ans. Il représente actuellement 5 % de son chiffre d’affaires qui s’élève à 2,5 millions d’euros. « Pour être pleinement efficace, il faudrait que je constitue une unité composée d’un carreleur, d’un plombier et d’un électricien, entièrement dédiée au marché de l’accessibilité. C’est selon moi la clé de la réussite et une réponse aux besoins des particuliers qui sont à la recherche d’un interlocuteur unique pour réaliser tous leurs travaux », poursuit Didier Duchêne.

La maintenance et le service après-vente

Plus difficile à chiffrer, le marché de l’entretien / maintenance et du service après-vente bénéficie d’une conjoncture particulièrement favorable : la généralisation de l’entretien annuel obligatoire, imposée par les réglementations ou les assureurs, ou encore la complexité technique croissante des équipements. L’objectif, pour les artisans, est donc de tisser des relations à long terme avec leurs clients afin de leur proposer des améliorations ou des services annexes. C’est le pari engagé par des plombiers-chauffagistes de Charente-Maritime, qui ont créé, en 2007, un groupement d’employeurs pour proposer des contrats d’entretien à leur clientèle. Au travers de leur structure commune, “Respir”, un GIE (Groupement d’intérêt économique), les cinq entreprises membres ont pu embaucher un technicien (salarié du groupement) et intégrer la maintenance et le service après-vente à leur offre de service. Un gain de temps et d’argent, selon Didier Chailloux, dirigeant d’une entreprise de plomberie et de chauffage, à la tête de ce groupement. « Mes quatre salariés ont désormais plus de temps à consacrer à leur cœur de métier, à la pose de pompe à chaleur notamment. Ils passent ainsi plus de temps chez le client pour lui expliquer le fonctionnement du matériel, lui apporter des conseils et ainsi le fidéliser », constate le fondateur du GIE.

Grâce à cette démarche, l’entreprise a vu son chiffre d’affaires augmenter de 20 % ! Et il n’est pas le seul gagnant dans l’histoire. « Une entreprise cofondatrice du groupement a doublé son activité en l’espace de quatre ans. Début 2013, elle a quitté le GIE pour embaucher un salarié dédié à l’entretien », se satisfait Didier Chailloux.

La domotique

Selon une étude du cabinet Xerfi publiée en avril 2013, toutes les conditions sont réunies pour faire de la maison intelligente un marché de masse. En France, la domotique devrait croître de 35 % par an, car elle répond à une volonté de la population d’évoluer dans les logements plus confortables, économes en énergie et “communicants”. Les équipements vont se développer : chemins lumineux entre la chambre et les toilettes qui se déclenchent automatiquement quand la personne se lève, détecteurs de chutes et de températures extrêmes, électrovannes permettant de bloquer le gaz et l’eau en cas de fuites, téléassistance, télésurveillance, ou encore automatisation du chauffage. Les artisans, notamment les électriciens, devront se former pour conseiller les clients sur les rénovations à envisager. 

Par Mallory Lalanne

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